
Certes, Restless n’est ni le plus mystérieux, ni le plus complexe des films de Gus van Sant, mais il s’inscrit parfaitement dans l’œuvre cinématographique – prodigieuse – de son auteur. Parce que, oui, il faut vraiment s’appeler Gus van Sant pour filmer la mort de manière si humaine, poétique et vivifiante. Dans les mains d’un autre, Restless aurait pu n’être qu’un bon gros mélo tire-larmes sur fond de love story juvénile, mais il n’en sera rien ici parce que la caméra de van Sant magnifie chaque plan, chaque sourire et chaque réplique. Si l’on mouille bien son Kleenex ce n’est jamais par excès de pathos, mais simplement parce que cette histoire vient nous toucher droit au cœur dans un élan lyrique et vital. Le film n’est pas seulement beau, il est aussi subtil, sensible, drôle et surtout pudique. Et, c’est bien là que réside tout le génie de son auteur.
Avec Restless, le réalisateur d’Elephant renoue avec deux thématiques qu’il connait bien, à savoir la mort et l’adolescence, mais il le fait avec beaucoup d’intelligence et d’excellence. En délaissant la démonstration au profit de l’émotion, le film dépeint l’histoire d’une rencontre singulière, d’un cheminement de la mort vers la vie. Jamais morbide et jamais niais, Restless possède cette force incroyable qui maintient le récit dans une bulle enfantine pleine de douceur, et ce, malgré la dureté de la réalité. Il en ressort, de ce fait, une beauté naturelle, une magie délicieuse. Si la mort n’est jamais absente, elle est rendue humaine et tolérable par la joie de vivre que van Sant insuffle à son propos. Le film est comme un sourire, comme un effleurement, une douce caresse de laquelle surgit une larme que l’on ne contrôle pas vraiment. Bizarrement, on ne pleure pas forcément lors des scènes les plus tristes, mais plutôt lorsque le cinéaste vient nous rappeler la beauté et le prestige des choses simples de la vie.
A l’instar de ces personnages, Gus van Sant refuse tout apitoiement, tout pathétique en se distanciant humblement de l’histoire qui se joue devant lui. Un cinéma qui regarde véritablement ses personnages, ses situations et qui magnifie l’existence sans s’admirer le nombril et qui évite les leçons de morale poussiéreuses, ça fait un bien fou. Chaque instant de la narration, chaque plan et chaque réplique est une envolée en direction de l’imaginaire qui doit se savourer moment par moment, un peu comme la vie en somme. Grâce à sa parfaite maîtrise du sujet Gus van Sant, actuellement l’un des réalisateurs les plus intéressants du paysage cinématographique, livre un film savoureux, assez prodigieux, qui célèbre l’existence et porté par deux jeunes acteurs incroyables : le remarquable Henry Hopper et Mia Wasikowska criante de justesse (ça change de son rôle d’Alice dans l’affligeant Alice au pays des merveilles de Burton) et qui offre au cinéaste l’un de ses meilleurs rôles féminins. Techniquement, le visuel est à l’image du cinéma de van Sant, c’est-à-dire d’une beauté vertigineuse, la musique (signée D. Elfman) marque son empreinte et certaines scènes sont des moments de grâce ultime (la scène du cimetière, celle de la cabane, celle de la morgue ou encore la séquence finale).
Certains critiques ont relégué Restless au rang de film mineur au regard de la filmographie de son auteur. Pourtant Restless est une belle expérience, une belle histoire d’amour et de vie, et c’est vraiment tout ce qui compte.
Note du film: 8/10
Certes, Restless n’est ni le plus mystérieux, ni le plus complexe des films de Gus van Sant, mais il s’inscrit parfaitement dans l’œuvre cinématographique – prodigieuse – de son auteur. Parce que, oui, il faut vraiment s’appeler Gus van Sant pour filmer la mort de manière si humaine, poétique et vivifiante. Dans les mains d’un autre, Restless aurait pu n’être qu’un bon gros mélo tire-larmes sur fond de love story juvénile, mais il n’en sera rien ici parce que la caméra de van Sant magnifie chaque plan, chaque sourire et chaque réplique. Si l’on mouille bien son Kleenex ce n’est jamais par excès de pathos, mais simplement parce que cette histoire vient nous toucher droit au cœur dans un élan lyrique et vital. Le film n’est pas seulement beau, il est aussi subtil, sensible, drôle et surtout pudique. Et, c’est bien là que réside tout le génie de son auteur.
Avec Restless, le réalisateur d’Elephant renoue avec deux thématiques qu’il connait bien, à savoir la mort et l’adolescence, mais il le fait avec beaucoup d’intelligence et d’excellence. En délaissant la démonstration au profit de l’émotion, le film dépeint l’histoire d’une rencontre singulière, d’un cheminement de la mort vers la vie. Jamais morbide et jamais niais, Restless possède cette force incroyable qui maintient le récit dans une bulle enfantine pleine de douceur, et ce, malgré la dureté de la réalité. Il en ressort de ce fait une beauté naturelle, une magie délicieuse. Si la mort n’est jamais absente, elle est rendue humaine et tolérable par la joie de vivre que van Sant insuffle à son propos. Le film est comme un sourire, comme un effleurement, une douce caresse de laquelle surgit une larme que l’on ne contrôle pas vraiment. Bizarrement, on ne pleure pas forcément lors des scènes les plus tristes, mais plutôt lorsque le cinéaste vient nous rappeler la beauté et le prestige des choses simples de la vie.
A l’instar de ces personnages, Gus van Sant refuse tout apitoiement, tout pathétique en se distanciant humblement de l’histoire qui se joue devant lui. Un cinéma qui regarde véritablement ses personnages, ses situations et qui magnifie l’existence sans s’admirer le nombril et qui évite les leçons de morale poussiéreuses, ça fait un bien fou. Chaque instant de la narration, chaque plan et chaque réplique est une envolée en direction de l’imaginaire qui doit se savourer moment par moment, un peu comme la vie en somme. Grâce à sa parfaite maîtrise du sujet Gus van Sant, actuellement l’un des réalisateurs les plus intéressants du paysage cinématographique, livre un film savoureux, assez prodigieux, qui célèbre l’existence et porté par deux jeunes acteurs incroyables : le remarquable Henry Hopper et Mia Wasikowska criante de justesse (ça change de son rôle d’Alice dans l’affligeant Alice au pays des merveilles de Burton) et qui offre au cinéaste l’un de ses meilleurs rôles féminins. Techniquement, le visuel est à l’image du cinéma de van Sant, c’est-à-dire d’une beauté vertigineuse, la musique (signée D. Elfman) marque son empreinte et certaines scènes sont des moments de grâce ultime (la scène du cimetière, celle de la cabane, celle de la morgue ou encore la séquence finale).
Certains critiques ont relégué Restless au rang de film mineur au regard de la filmographie de son auteur. Dès lors, je m’interroge : « Quand un film procure un aussi beau moment de cinéma et de vie doit-on réellement se perdre dans des classements réducteurs et figés ? » et la réponse est sans conteste : non! Pourquoi ? Parce que ça n’a aucun sens et que ce n’est pas la peine.
Restless est une belle expérience, une belle histoire d’amour et de vie, et c’est vraiment tout ce qui compte.